Accueil Date de création : 02/08/09 Dernière mise à jour : 05/01/10 01:13 / 71 articles publiés

Un extrait de mon roman " Meurtres in blue "  posté le mardi 05 janvier 2010 01:13

Bruxelles mon grand village brillait comme sa grande soeur Paris.
Le tête pleine de rêves, d'ivresse, Françoise et moi déambulions les grands boulevards en faisant des haltes à chaque bistrot, à chaque cave à jazz, dans chaque cabaret à la recherche, nous n'osions le dire, de Jules le bossu.
Le dernier bar qui nous accueillit fut le Monocle, boîte à lesbos dans la rue des Petits-Bouchers,fief des gens du troisième sexe qui après minuit animaient jusqu'aux petits matins blèmes la Grand-Place avec ses maisons aux frontons ornés d'or et de statues mais qui cette nuit là grelottaient sous une pluie glaciale.
La boîte à lesbiennes où nous avions trouvé refuge baignait dans une lumière bleutée tamisée par la fumée des cigarettes. Les cendriers remplis à ras bord menaçaient à tout moment de vomir leurs cendres encore chaudes sur les tables.
Une odeur âcre de sueur, de tabac froid, picotait la gorge. Ce genre de bouge me plaisait, j'aimais cette ambiance de folie et la musique tonitruante qui déferlait par vague selon qu'un quidam glissât une thune dans le juke-box. Sur la piste des danseurs, la chair moite, se contorsionnaient comme des damnés au son d'un boogie-woogie à quatre temps.
Soudain le vacarme cessa, la voix de Sarah Vaughan s'éleva, ce disque je le connaissais bien, c'était une de mes chansons préférées; " Perdido " . C'est du moins ce que je comprenais car la langue anglaise et moi, nous étions divorcés depuis que l'école était finie.
Françoise dévastatrice dans une petite robe noire qui rehaussait la blondeur de sa chevelure m'apparaissait comme une étoile dans mon ciel toujours gris. Elle était plus lumineuse que Marilyn Monroe dont elle avait copié le look aguicheur.
Elle avait des yeux d'un bleu plus bleu que le bleu du ciel, plus bleu que les yeux de porcelaine des poupées de ma cousine Lily qu'elle collectionnait comme d'autres entassaient dans des coffrets des bijoux de pacotilles.
Françoise me prit la main.
- Viens dit-elle, fais moi danser..
Danser... Avec ma patte folle, je n'avais jamais osé inviter une fille mais Françoise devait resssentir mon angoisse car gentiment elle m'attira contre elle en me murmurant:
- N'aies pas peur, oublie tes pieds.. Ecoute la musique, laisse-toi bercer...Encercle ma taille de tes mains... Regarde-moi...
Ce n'était pas une soirée ordinaire. Habituellement, j'étais seul devant un comptoir à contempler un verre vide. Mes compagnons les whiskies et les cigarettes ne parvenaient jamais à me faire oublier que j'étais un paumé. Les barmaids toujours très garces et choisies selon l'épaisseur de leurs lèvres et l'opulence de leur poitrine ne m'apercevaient jamais.
J'étais monsieur personne.
Parfois l'une d'elles m'invitait à jouer un poker menteur mais comme j'étais un éternel looser, je me faisais plumer comme un bleu.
Sans que je ne m'en aperçoive, Françoise était parvenue à me mener jusqu'au centre de la piste de danse aussi grande qu'un mouchoir de poche.
La musique me grisait plus qu'une Voldka bien tassée. Les milliers de facettes de la boule miroitée qui
tournait au-dessus de nos têtes projetait une lumière bleue qui le temps d'un soupir devenait rouge.
Le parfum corrosif de ma partenaire, ses cheveux près de ma bouche, son corps souple qui se collait au mien me bouleversât tant que pris de panique, je fis un mouvement
pour m'échapper de ses bras mais Françoise me saisit brusquement par la nuque et m'embrassa avec infiniment de douceur. C'était doux, chaud, humide. Ses lèvres fardées avaient le goût de la fraise.
Mon premier baiser fut comme une friandise, de celle que l'on voit quand on est haut comme trois pommes dans la devanture 

 

" Meurtres in blue " de Fr. Vercoville -

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Merci *

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Elles sont partenaires dans un film du Maître du suspense .....  posté le lundi 08 février 2010 14:12

Le chant d'un oiseau peut parfois être terrifiant !

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**  posté le lundi 08 février 2010 14:07

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La rumeur dit qu'elle est la propriétaire d'une petite ville....qui est-ce ?  posté le dimanche 07 février 2010 13:18

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A qui Howard Hawks adresse-t-il la parole ?  posté le dimanche 07 février 2010 13:13

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